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YAEL ABECASSIS
JEAN-DAMIEN BARBIN
THIERRY BOSC
OLIVIER BRUNHES
CHEIK DOUKOURÉ (réalisateur)
VINCENT GRASS
PATRICK LIGARDES
ERIC MAGNAN (réalisateur)
JACQUES MITSCH (réalisateur)
HUGUES QUESTER
BENOIT VAN DORSLAER
YAEL
ABECASSIS
VA, VIS ET DEVIENS réalisé par Radu Mihaileanu
On sent que Radu Mihaileanu s'est emparé de ce sujet avec un véritable
élan du coeur, une envie de dire la souffrance et le courage de
tous les enfants qui, comme Schlomo, ont subi les chaos du monde. Le héros
de Va, vis et deviens est même presque trop emblématique
: victime du déracinement, du racisme, il vit aussi dans une "
clandestinité " identitaire. Tout cela est malheureusement
réaliste, mais c'est plus que le film ne peut traiter
Du coup, certains personnages sont sacrifiés, notamment ceux de
la famille adoptive, qui n'existe que grâce à la mère
et à son interprète, la formidable Yaël Abecassis.
TELERAMA 30/03/2005 - Frédéric Strauss
Yael
Abecassis
D'origine marocaine
par sa mère, la comédienne israëlienne Yaël Abecassis poursuit d'abord
une carrière de mannequin avant de se faire connaître, dans son pays,
en devenant une star du petit écran, animant notamment des émissions de
télévision pour enfants. Passée au cinéma sous la houlette d'Alexandre
Arcady, dans "Pour Sacha" (consacré à la Guerre des Six Jours),
elle tourne plusieurs films au pays, dont "Kadosh", de Amos
Gitaï, qui la révèle sur le plan international avec le rôle de la douce
et réservée Rivka, soumise aux traditions religieuses et à un mari violent.
Séfarade, travailliste, militante pour la paix, Yaël Abecassis a également
conquis le cœur d'Israël avec une image de pasionaria populaire, au point
qu'une façade d'un immeuble de Jérusalem lui est entièrement consacrée.
Bilingue en français, la jeune femme trouve aujourd'hui, avec Bella Ciao,
son premier vrai grand rôle en France, celui d'une Italienne émigrée à
Marseille, dans les années 30. France, terre d'accueil également pour
Yaël Abecassis, qui compte à présent y passer la moitié de sa vie professionnelle.
Propos recueillis par CINE LIVE
Yael
Abecassis, la fervente
Yael ou l'ardeur !
Elle fut formidablement poignante dans "Kadosh", le chef d'oeuvre d'Amos
Gitai qui l'a révélée au monde entier. On la retrouve tout simplement
superbe dans le film de Stéphane Giusti, "Bella Ciao"
par CHRISTIAN GONZALEZ / FIGARO MADAME (extrait)
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JEAN-DAMIEN
BARBIN
« MURALE »
Le grand poème de Mahmoud Darwich, "Murale", incarné
par Jean-Damien Barbin.
LES ÉCRITS DU POÈTE PALESTINIEN Mahmoud Darwich nous éblouissent
par leur façon de faire entendre une vérité étale.
C'est-à-dire jamais linéaire, limitée à une
idée, à un slogan, mais ramassant dans ses mots une pensée
riche de plusieurs bonheurs et de diverses sensations. Murale, que beaucoup
considèrent comme son texte essentiel et qu'il écrivit en
1998, alors qu'il était entre la vie et la mort, est aujourd'hui
transposé à la scène par le Libanais de Paris Wissam
Arbache. Pour ce difficile pari, le metteur en scène a conçu
lui-même un dispositif circulaire qui permet de faire apparaître
un lit d'hôpital ou un espace nu, tandis que la scène s'élargit
autour de ce cercle et permet d'autres aires de jeu. Il fait reposer l'heure
du spectacle sur Jean-Damien Barbin, mais fait aussi intervenir une comédienne,
Hala Omran, qui, en arabe et en français, incarne (avec flamme)
un double féminin de Darwich ainsi que la femme aimée, et
un saxophoniste, Virgile Lefebvre, qui, lui, serait un autre double, musical,
de l'écrivain.
"Je suis le céleste pourchassé ", dit l'acteur
proférant les mots d'un poète toujours en devenir, selon
son sentiment d'une quête et d'une mutation (" Un jour je serai
ce que je veux ") ; le jeu de l'interprète change selon que
le verbe porte la lutte contre la mort, le chant amoureux, le combat politique
(toujours déguisé, comme dans cette admirable adresse :
" Mort, toi seule es l'exilée "). Très grand interprète
à la voix entêtante et à la démarche pressée,
Barbin franchit un rideau translucide pour entrer peu à peu dans
le cercle, dit les poèmes d'une voix qui les caresse, accélère
parfois la cadence, saute sur le lit, étreint sa partenaire ou
mène avec elle un dialogue franco-arabe où les mêmes
textes se répondent dans les deux langues. Au regard des modes
qui sont aujourd'hui à l'intériorité extrême,
cela peut paraître effrontément théâtral. Mais
l'on aime cet envol hors des modes.
GILLES COSTAZ / Politis 1-7/11/2007
« SANG » de Lars Noren mis en scène
par Henri Ronse
L'exceptionnel Jean-Damien Barbin (que les Français ont vu jouer
pour Olivier Py et Jacques Lassalle) donne, au personnage une personnalité
passionnante.
Tous sont remarquables, avec une mention spéciale pour Jean-Damien Barbin,
réellement bouleversant dans la dernière scène. J.-L.K.
Lui est psychanalyste égaré au point d'entretenir une liaison homosexuelle
avec l'un de ses anciens patients (le jeune et extraordinaire Jean
Damien Barbin).
« POUR UN OUI OU POUR UN NON »
de Nathalie Sarraute
mis en scène par Jacques Lassalle
… tandis que Barbin, ici maître du silence, des silences, enregistre,
et rétorque - tantôt insistant, attiré; tantôt se rétractant, apeuré.
Les allées et venues de ce duo en cheminement composent comme une pavane
de la séparation, peut-être bien, même, une séparation " à l'amiable ".
Chorégraphiée, jusqu'aux moindres mouvements des mains. Dans une atmosphère
presque de cinématographe, aux confins du polar.
LHumanité Roger Maria
« LA
BETE DANS LA JUNGLE » d'après Henry James - adaptation
Marguerite Duras
mis en scène par Eric VignerA
.....
All this draws you into the mystery of John Marcher, the man who does
nothing but await his grim fate. It thrills him to think he has been marked
out so specially; this is the Narcissus angle, and Jean-Damien Barbin
plays it splendidly. He stands as if waiting to be painted, and
he describes Marcher's dread in tones of rapture, lifting heavenward his
arms and the slim cane that he waves like a baton. (That cane is one of
Marcher's affectations, but it's also a tool of the blind.) Imagine Hamlet
strutting jauntily to his disaster and you'll have an idea of Barbin's
effect. ...
Washington Post - Nelson Pressley
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THIERRY
BOSC
«
TABLEAU D'UNE EXÉCUTION
» (H Barker)
mis en scène par Hélène Vincent
...et les comédiens, dans cette aventure, sont à la hauteur des espérances.
Ils sont tous excellents même si on retient particulièrement Philippe
Crubezy, un cardinal ministre de la Culture savoureux et inquiétant et
Thierry Bosc, sans doute le plus impressionnant de multiples talents
en Doge.
Michèle Taddei / La Provence
...une hystérie latente dans leur confrontation au désir, à la douleur,
à la violence parfois chargée d'ambiguïté comme celle qui habite le Doge
(Thierry Bosc, formidable), incarnation d'un pouvoir politique
fragile, soutenu par celui de l'opinion que la critique manipule -
Letizia Dannery
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OLIVIER
BRUNHES
Olivier Brunhes par Laurent Terzieff
Pour moi, Olivier Brunhes est un des jeunes comédiens que j'estime
le plus. Vulnérable, fragile et fort à la fois, ouvert à tout, riche en
contradictions. Plein de sollicitude et de gentillesse aussi : toujours
inquiet pour lui-même, il sait être rassurant pour les autres. Il ne craint
pas de déconstruire et reconstruire sa forte personnalité à partir de
chaque personnage qu'il interprète. Cela lui permet de jouer sur un registre
très étendu et d'incarner des personnages très différents. Travailler
avec lui est un vrai bonheur. Il faut le diriger comme on affronte un
pur-sang. Il est de la race royale.
_________________
M.-P.s
LE PARISIEN
Olivier
Brunhes: "Tous ceux qui découvrent notre travail sont
conquis"
Il y a maintenant deux ans que l'acteur fétiche de Laurent Terzieff
Olivier Brunhes, a eu cette idée folle de travailler avec des handicapés
mentaux d'abord et, à terme, plusieurs types d'exclus. " Que
des gens inattendus ", insiste l'homme âgé d'une quarantaine
d'années. Il y a un an, l'artiste engagé créait son
association. L'Art éclair cherche aujourd'hui des subventions pour
poursuivre de façon professionnelle son activité. Depuis
juin, l'acteur met, en effet, en scène des handicapés mentaux
au rythme d'une à deux séances de travail par semaine. "
Tous ceux qui découvrent notre travail sont conquis ", dit
en souriant l'homme de scène qui a goûté aux tréteaux
à l'âge de 17 ans pour ne plus les quitter. " Je vivais
alors dans une cité des Hauts-de-Seine. J'étais livreur.
Le théâtre m'a permis de sortir de l'isolement. J'ai envie,
aujourd'hui, de transmettre mon expérience " raconte Olivier
Brunhes.
Il semble ne jamais s'arrêter, jongle entre ses tournages de films
en province, ses pièces de théâtre et sa recherche
personnelle autour du travail de clown en Belgique. " Aujourd'hui,
j'ai peut-être juste envie de me tourner vers l'enfant qu'il y a
en chacun de nous ", conclut-il.

photos Georges Lambert
Jean-Pierre
Thibaudat / Libération - 11/02/2005
..Olivier Brunhes va très tôt rencontrer le
théâtre, y trouvera son oxygène, un métier,
des amitiés. On peut alors zapper jusqu'aux jours chauds de la
Coupe du monde de football 1998. Brunhes joue alors au Théâtre
de l'Atelier une pièce de Pirandello sous la direction du grand
Laurent Terzieff. Il a rencontré ce mythe quatre ans plus tôt,
ce fut et reste un beau compagnonnage, mais ses envies sont plus larges.
En voyant l'émotion que suscite la Coupe du monde, Olivier Brunhes
"rêve d'un théâtre qui serait à la hauteur
de cette émotion-là". On le retrouve bientôt
au côté de Howard Buten, clown d'exception et, avec lui,
il travaille auprès de jeunes autistes. Il assure aussi des formations
pour Atelier Quart-Monde
..
..."Dès le départ, je les ai considérés,
dit joliment Olivier Brunhes. Depuis leur naissance, on leur a dit qu'ils
n'ont pas eu de chance. Et moi je leur dis : quelle chance que vous soyez
là, on va faire du théâtre ensemble. Le théâtre,
c'est quoi ? Etre écouté, être regardé."
Et c'est ce dont ils sont souvent privés quand ils prennent le
bus pour aller au boulot. On se détourne d'eux. Et là, on
ne voit qu'eux
..
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CHEIK
DOUKOURÉ
«
PARIS SELON MOUSSA »
réalisé par Cheik Doukouré
Conte édifiant et naïf sur la condition d'étranger.
Moussa est un paysan guinéen, du genre baobab, bien enraciné,
intègre, qui dispense sans compter son ombre bienveillante. Un
type qui inspire le respect. Aussi, lorsque la motopompe à eau
du village crache son dernier soupir, c'est lui qu'on envoie en acheter
une neuve, à Paris. Autant dire sur la planète Mars. Ce
conte naïf, plein de verve et de sagesse, nous entraîne dans
un Paris stupide et ubuesque, où les mesquineries administratives
sont le lot quotidien des étrangers.
On y croise
cependant quelques êtres secourables, tels Nathalie, chauffeur de
taxi au noir, et le travesti brésilien Zanzi, d'une générosité
loufoque, qui vont aider Moussa à traverser toute une série
d'épreuves. On y fait un bout de chemin édifiant avec les
sans-papiers de Saint-Bernard. Et on salive à quelques scènes
gastrono-comiques : notamment la recette du boeuf guinéen que Moussa
cède pour 1 000 francs au patron du resto chinois où il
fait la plonge. Une drôle de cuisine, au didactisme surréaliste.
Isabelle Fajardo / TELERAMA
Moussa, remarquablement interprété par le réalisateur,
Cheik Doukouré, croise Nathalie, jeune femme marginale, qui
a fait du "chacun pour soi" un principe de vie. Tout l'humour,
la sensibilité et la qualité de film tiennent sur le décalage
entre les cultures et les situations économiques africaine et occidentale.
Stéphanie Binet / LIBERATION
Un agriculteur
guinéen est envoyé par son village à Paris pour acheter
une motopompe. Dès son arrivée dans la capitale, il se fait
voler argent et papiers et se retrouve dans une série de situations
inattendues. Un regard lucide sur le déracinement.
FIGARO
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VINCENT
GRASS
«
STALINE MÉLODIE
» (D Pownall) mise en scène
de Régis Santon
Jdanov, un être gros et gras, est ivrogne comme son maître,
vulgaire, sadique et totalement parano, belle composition dans ce rôle
de Vincent Grass.
PARISCOPE A. Frazier
Vincent Grass donne à Jdanov sa violence et son épaisseur
terrienne.
SPECTACLES DU MONDE
Vincent Grass (Jdanov), avec sa grosse moustache de facteur rural
et sa nuque de taureau, est son double aggravé. Plus gras, plus
obtus, plus grossier. Avec cela, veule, devant les colères incontrôlées
de son maître, On le voit célébrer la facture d'une
icône : "L'artiste s'est noyé dans son travail. Aucun
hurlement personnel !" avant de cracher dessus. Jdanov était-il
un abruti ?
Non, hélas ! même s'il est rassurant de le penser.
LE FIGARO / Frédéric Ferney
nous apparaît sous les traits bonasses d'un gros ivrogne fier
d'une vulgarité censée le rapprocher des masses : Vincent
Grass. Il saura bientôt glisser d'une cruauté joviale
déjà inquiétante à un cynisme beaucoup plus
réaliste.
LE CANARD ENCHAÎNÉ
Autour de lui, Régis Santon a su rassembler trois comédiens
impressionnants :
Vincent Grass, Jdanov brutal et cynique,
LES ÉCHOS
Cette rencontre nocturne entre Staline, son adjoint à la culture (le
vrai petit cabot et capo de son maître joué avec brio par Vincent Grass)
..
COURRIER DE PICARDIE
Festival de Lille 2001
" Le Centre du Monde ", film belge de Vivian Goffette, vaut avant tout
pour la justesse de jeu des comédiens Paul Crauchet et Vincent Grass,
père et fils en discorde, et fait regretter qu'aucun prix ne soit décerné
à la meilleure interprétation. Peut-être pour l'année prochaine...
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PATRICK
LIGARDES
"FRONTIERES"
de Xavier Gens
...une mention spéciale tout de même
à Patrick Ligardes, acteur méconnu mais ô combien
talentueux,je vous laisse le plaisir de le découvrir.
Cinéma Fantastique
Une mention spéciale au grand acteur de théâtre qu'est
Jean-Pierre Jorris en père fasciste absolument terrifiant
et à Patrick Ligardes (qui joue le fils aîné
et préféré),proprement hallucinant dans l'incarnation
d'une folie toute contenue.
Christophe JAKUBOWICZ (Horreur.com)
Le reste de la famille, et donc du casting, "recomposée"
au grè de divers enlèvements vaut également le detour
:
un frère policier amateur de la manière forte (Patrick
LIGARDES, impressionnant)
Yann LEBECQUE (L'Ecran Fantastique)
« ARTURO UI
» (B Brecht) mis en scène par E Chicaud
Avec un sommet inévitable toutefois, celui du personnage principal,
Arturo Ui, que joue Patrick Ligardes D'un bout à l'autre de "la
résistible ascension ", dans tous les registres que lui offre
la pièce, Patrick Ligardes est époustouflant : drôlerie,
faconde, colère, facilité vulgaire, hypocrisie... un véritable
festival ; auquel s'ajoute la performance physique qu'impose la longueur
du spectacle.
Bertrand PHILIPPE
«
NOCES DE PAILLE »
(Ph et D Réache) mis en scène par E Chicaud
Animés avec enthousiasme par une troupe imposante. Ils sont une
trentaine sur le plateau mais je veux signaler, cependant, quelques personnalités
affirmées. Celle de Patrick Ligardes, impressionnant comte-duc
d'Olivarès.
L'AVANT SCENE
«
ANDRÉ LE MAGNIFIQUE
»
Sans prétention mais menée de main de maître, cette
comédie est signée par sept acteurs, auteurs, metteurs en
scène à la virtuosité alerte. Cinq sont sur le plateau
: Isabelle Candelier, Loïc Houdré, Patrick Ligardes,
Jean-Luc Porraz et Michel Vuillermoz ... De rires en gags, de délires
en choses vues, un véritable feu d'artifice où la folie
le dispute à l'amour du théâtre et du public.
LA CROIX
« ORIGINE CONTROLÉE »
réalisé par Zakia et Ahmed Bouchaala
regrettant que la mise en scène plutôt tenue et le
talent des comédiens (Patrick Ligardes, surtout) n'aient
pas davantage trouvé matière à s'exprimer.
J.M. - TELERAMA.
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ERIC
MAGNAN
Réalisateur des vues aériennes des
"CHEVALIERS DU CIEL" de G Pirès
Le défi relevé, Eric Magnan, le cadreur
des Chevaliers du ciel, fait appel à une nouvelle technologie qui
intéresse déjà les majors américaines du cinéma.
Opérateur de Skydance, tourné en partie en Imax dans le
massif du Mont-Blanc, et d'un court-métrage sur la Patrouille de
France, Magnan s'est retrouvé cette fois harnaché sur le
siège éjectable d'un Mirage 2000 biplace pendant plus de
deux cents heures. Pour tourner Les Chevaliers du ciel, pas question de
porter la caméra 35 mm à bout de bras dans l'étroit
cockpit. Avec les accélérations fulgurantes de l'avion de
chasse, il risquait de voir s'encastrer le viseur dans son visage...
Un réservoir a été spécialement transformé
pour embarquer, au lieu de 2 000 litres de carburant, quatre caméras
orientées vers l'avant, les côtés et l'arrière.
Alain Arpino, ingénieur au centre d'essais en vol de Dassault Aviation,
a réalisé ce pod hors norme percé de fenêtres.
L'ensemble, autonome, peut être installé sous n'importe quel
avion au standard Otan. Il se fixe sous l'aile gauche ou droite en fonction
du tournage. Dans le cockpit, un écran de contrôle permet
à Eric Magnan de piloter sa batterie de caméras et de choisir
les diaphragmes."C'est très physique, se souvient-il. J'ai
bien supporté les accélérations, sauf à Djibouti
par 50 °C." ...
Thierry Vigoureux / LE FIGARO
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JACQUES
MITSCH
Réalisateur du "MAMMOUTH POBALSKI"
/ (notamment ...)
Le Mammouth Pobalski, une comédie déjantée,
a remporté le prix Attention Talent court métrage 2006 au
Festival international de Court Métrage de Clermont-Ferrand 2006.
Un Mammouth primé:
Jacques Mitsch, réalisateur du Mammouth Pobalski, a remporté
le prix du public ainsi que le neuvième prix Attention Talent du
court métrage décerné par la Fnac lors du festival
de Clermont-Ferrand. Cette comédie jubilatoire raconte l'histoire
de Pierre-Victor Bouvier, un explorateur français parti en Oubalski
(Sibérie orientale) sur les traces d'un mammouth laineux congelé.
Ce court métrage de quarante minutes tourné en oubalsk -
une langue inventée pour les besoins du film - sera bientôt
disponible en DVD dans toutes les Fnac.
FNAC
Le Mammouth Pobalski,
du Toulousain Jacques Mitsch, briscard du docu, n'aurait de fait
aucun mal à s'inviter à l'heure du plateau-télé.
Le public qui lui a attribué son prix (comme en 2003 pour son document
sur AZF) en redemandait déjà à Jean-Marc Brisset,
coscénariste, quand il le croisait entre deux projections : "Les
gens voulaient récupérer notre dictionnaire d'oubalsk ou
m'interpellaient directement en oubalsk." Dans ce pays rêvé
de Sibérie où débarque un explorateur (coloniov en
oubalsk), à la recherche d'un mammouth laineux gelé, on
fabrique de l'alcool de poulpich, calmar d'eau douce, et on danse le kasabalsk.
"On va faire un long, une autre histoire en Oubalski, promet Mitsch,
mais pas le long du court."
LIBERATION
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HUGUES
QUESTER
LE MONDE
Hugues Quester, dans l'infini du jeu
Le comédien interprète "Six personnages en quête
d'auteur", de Pirandello, au Théâtre de la Ville.
Avant une tournée à la démesure de son engagement
dans l'art dramatique.
Sur les murs fatigués du salon Sarah-Bernhardt au Théâtre
de la Ville, il a pointé les souvenirs d'un premier passage, lorsqu'il
jouait La Mouette, en 1975, mise en scène par Pintilié.
Il s'est assis dans un coin sous les affiches de la Divine, replié
sur lui-même, la tête penchée entre les poings. A la
seconde, sa voix a occupé l'espace, sans rien forcer. La voix d'Hugues
Quester est une singularité. Son inquiétante douceur alterne
fil de soie et fil d'acier, en une texture insaisissable. Elle sait envelopper,
voluptueusement, ou fouetter au sang. A chaque instant, ses intonations
ouvrent deux ou trois perspectives qui ne sont pas seulement celles des
personnages. Une polyphonie d'angoisses enfantines et de fureurs d'homme,
de désarrois profonds et de certitudes invincibles, qui projette
toute action de l'avant par pulsations régulières, dans
un élan contrarié, mais irrésistible.
Encore sous le feutre et le pardessus élimé du premier des
Six personnages en quête d'auteur, Hugues Quester paraît se
ressembler. Peut-être parce que la quête d'un "auteur"
n'est pas étrangère à sa vie, avec celle du personnage,
et que le metteur en scène et la troupe représentent autant
de mains tendues pour les approcher, les réunir - ou les repousser.
Peut-être parce que les acteurs, comme la famille de Pirandello,
ne s'exposent jamais autant à la vérité de leur travail
qu'au cours des tournées, lorsqu'ils déboulent, valise en
main, sur une scène nouvelle. La mise en scène d'Emmanuel
Demarcy-Mota a déjà été présentée
une cinquantaine de fois depuis sa création (Le Monde du 25 octobre
2001) et, après dix jours à Paris, doit repartir pour quatre
mois et demi dans une vingtaine de villes. Une course avec la fatigue,
qui donne la mesure du rôle. Lorsque le texte est aussi imposant,
que le cur cogne, les jambes s'épuisent à gagner la
chaise où reprendre sa respiration et repartir. "Un grand
rôle, c'est cet ensemble corps, âme, cur, texte."
Travail et Fatigue, sont deux compagnes inséparables d'Hugues Quester.
Il se réjouit d'avoir su affronter l'écriture "épuisante,
psychiquement" de Jon Fosse dans Visites, qu'il vient de présenter
aux Bouffes du Nord. Depuis l'enfance, assure-t-il, son énergie
lui a permis d'être à la hauteur des situations difficiles.
En 1999, il saura reprendre le rôle de Shylock, à la volée,
des mains de Philippe Clévenot. "Dans ces moments-là,
j'ai l'impression d'être sur un ring. Tous les sens sont en alerte.
Aux premières, je deviens presque plus rapide que les autres, tant
la tension est intense. Ça se paie ensuite de grandes fatigues
physiques et mentales. Les trous viennent, on n'est plus dans les temps,
la lenteur s'insinue, au risque de l'erreur." Une implication aussi
exigeante ne connaît qu'une patrie : le théâtre. Ne
parlons pas de cinéma. De 26 films - dont le dangereux succès
de Je t'aime moi non plus, de Gainsbourg - il veut retenir les parenthèses
heureuses chez Ruiz, Tanner, Rohmer, Monteiro, en ce qu'elles donnent
plus de joie à revenir au pays de scène.
DÉBUTS AVEC CHÉREAU
Il aborde le territoire en 1965, à Malakoff. Une invitation à
un cours de théâtre, un prof qui lui tient la main. "Quelque
chose m'était révélé tout à coup. Je
suis resté longtemps sans rien apprendre, j'étais trop impressionné
pour aller sur scène. La déclamation ne m'intéressait
pas, seuls les gens malhabiles me troublaient. Parce ce qu'il se passait
quelque chose." Mousse à quinze ans, il a toujours travaillé.
Debout à 5 heures pour prendre son poste à la RATP (il répare
les contacteurs des rames) et répéter le soir à Malakoff.
Passe Roger Blin : "Tu as quelque chose, tu sais, viens me voir."
Le metteur en scène de Fin de partie le fait entrer dans le cercle
par Que ferez-vous en novembre, de René Ehni, et le présente
à Patrice Chéreau qui cherche des petits rôles pour
Richard II. Plus tard, c'est une audition à Chaillot, chez Georges
Wilson, et ce cri dans l'ombre : "C'est lui, Georges !" Une
autre grande voix, celle de Maria Casarès, l'a élu et appelé
auprès d'elle.
Patrice Chéreau l'engage pour Toller et La Dispute au théâtre
(avec Alain Liebolt, son partenaire de Six personnages), La Chair de l'orchidée
au cinéma. "Je me sentais aimé par lui, libre sur la
scène, en même temps guidé. Il fait corps avec le
comédien, il se pose les mêmes problèmes que lui.
Il n'y a pas un clivage entre un metteur en scène qui saurait tout
et un acteur qui ne saurait rien. Pas à pas, le personnage se construit
sans qu'on s'en aperçoive." Hugues Quester s'agace de la mode
qui voudrait laisser auteur et acteur face à face. Il revendique
toute l'intelligence du metteur en scène, sa conception de l'uvre.
Il rappelle l'importance de Claude Régy et son retentissant Sauvés,
d'Edward Bond ; Lavelli, Lagarce ou Jacques Lassalle : "Il m'a appris
la finesse du jeu, la subtilité du texte, sans enseigner de manière
délibérée." Emmanuel Demarcy-Mota, chez qui
il a retrouvé François Regnault - avec lequel il travaillait
sur Toller -, l'a séduit par sa vision de l'inconscient chez Pirandello,
son attention au moindre rôle, sa capacité à créer
un climat de troupe.
Qu'est-ce que l'art du comédien ? Hugues Quester invoque Strehler,
qui l'a mis en scène dans L'Illusion, de Corneille, en 1985. "Une
de ses phrases ne me quitte jamais. Il la tenait, je crois, de Brecht
: "L'art du jeu, c'est l'engagement du comédien dans le total
détachement." Quand on arrive à cet état de
dédoublement, on s'engage tellement dans le rôle qu'on l'expose
presque, on en a un contrôle absolu. Quand je me sens léger,
je me vois jouer, je sais exactement, à l'oreille, si la représentation
est dans le rythme. J'ai la sensation des choses. Peut-être est-ce
pour ça que mon métier est d'interpréter. Je ne me
suis pas trompé de vocation. Comédien, je le suis de plus
en plus. Au début, je jouais avec ce qui m'était donné
de violence, de présence. Très vite, j'en ai senti les limites.
La scène endurcit, mais il faut rester sensible, ne pas penser
qu'on sait jouer, rester exigeant. L'art dramatique est infini et j'ai
décidé d'aller loin. S'il est un metteur en scène
avec lequel j'aimerais continuer, c'est Klaus-Michael Grüber. Parce
que je sais que je peux apprendre de ce monstre, et parce que l'outil
est prêt."
Jean-Louis Perrier
Six personnages en quête d'auteur, au Théâtre de la
Ville
_____________________________________________________________
"Hugues
Quester, ce comédien qui a joué au théâtre,
à la télévision, au cinéma, sous la direction
des plus grands (Chéreau, Lassalle, Strehler, Régy, Lavelli,
Planchon, Pintilié, Sobel, Braunschweig, Tanner, Ruiz, Demy, Gainsbourg,
Rohmer, Kieslowski, Monteiro ...) qui a tout pratiqué, les marges,
l'avant-garde, le classique, les premiers films de talent, Shakespeare
comme Sarraute, Hoffmansthal comme Euripide, cet acteur non moins physique
que cérébral reste étrange, insaisissable, comme
à la frontière de plusieurs mondes
Mais c'est le théâtre qui nourrit son art, qui lui donne
sa force, celle d'un travailleur acharné voué aux grands
auteurs, classiques ou modernes. Celle aussi d'un amoureux, d'un athlète,
voire d'un ascète du texte, capable de s'enfermer des jours pour
se pénétrer des plus complexes monologues, des dialogues
les plus subtils. "
Pascal Bonitzer
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BENOIT
VAN DORSLAER
«
LE ROI LUNE
» de Thierry Debroux mis en scène
par Frédéric Dussenne
Jusqu'au 17 nov., 21h30 (mer., jeu., ven., sam., mar.), Lucernaire, 53,
rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris
Louis II est le souverain de la nuit. Celle-ci est à l'image de sa
nuit intérieure. Le dramaturge belge Thierry Debroux met en lumière
sa fascination pour Louis XIV et Marie-Antoinette, sa passion pour Wagner,
qu'il sortit de la misère et de l'anonymat, et rappelle qu'il vécut
son homosexualité comme
un défi nocturne. Ce monarque enfermé dans ses songes en compagnie
d'un mignon organise lui-même son procès en exigeant de l'un
de ses ministres qu'il sait être l'un de ses ennemis les plus mortels
d'assumer le rôle de l'avocat de la défense. Le reproche le
plus virulent qui, dit-il, peut lui être adressé est de s'être
éloigné des affaires de sa Bavière, honnie, pour se
créer son propre royaume. La pièce soudain - et c'est magnifique
- change de ton. Le roi vit sous la garde d'un infirmier et de son docteur,
qui a les traits du ministre si méprisé. Les comédiens
sont de haute tenue, en particulier Benoît Van Dorslaer l'inquiétant
courtisan, chantre d'un temps où le cynisme seul régneront.
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